Bonne Nuit

De la douleur sourde traversait sa jambe avec chaque pas. Un soupir inutile de soulagement échappa à ses lèvres pâles lorsqu’il se laissa tomber sur le bord du matelas mou et épais avec lassitude, ôtant un peu de la pression de la blessure profonde sur sa cuisse. L’édredon offrait une douce et chaude consolation au mal de son corps meurtri. Leurs odeurs combinées persistaient encore d’hier soir, de ce matin. A lui. A elle. S’infiltrant dans les fissures, l’enveloppant d’une brume de paix, de sécurité, de désir.

De longues heures d’ardeur, de passion, de sueur, de sexe. La peau glissant contre la peau, pâle contre bronzée. La Lune embrassant le Soleil.

Ses doigts fatigués allèrent jusqu’au métal froid de la boucle de sa ceinture, relâchant l’agrafe. Le cuir râpa légèrement contre le tissu lorsqu’il tira la ceinture de ses passants et il laissa tomber l’article sur le sol de manière étourdie. Les boutons et la fermeture éclair furent détachés ensuite, exposant la soie froide d’un boxer noir. L’enlèvement de son pantalon ruiné fût abandonné quand ses grandes mains légèrement calleuses attrapèrent le bord de sa chemise, les muscles de son dos large s’étirant et ondulant alors qu’il tirait le vêtement en coton par-dessus sa tête. Il rejoignit la ceinture sur le sol.

Elle sortit de la salle de bain, ensuite. Cordy. Trousse de secours en main, un petit sourire sur ses lèvres roses. D’épaisses boucles couleur café tombaient librement dans son dos, chatouillant la soie bleue et somptueuse de sa chemise. Sa chemise à lui. Quelques boutons ouverts au-dessus et en dessous, les pans dansant sur le dessus de ses cuisses. Tout ce qu’elle portait.

Des yeux obsidiens suivirent pendant qu’elle traversait la pièce. Un pied délicat poussa distraitement ses vêtements débarrassés sur le côté lorsqu’elle s’arrêta, se faisant de la place devant lui. Ses yeux balayèrent l’étendue lisse de ses jambes dorées tandis qu’elles se pliaient sous elle, abaissant son corps tonique sur le sol pour qu’elle puisse s’agenouiller entre ses genoux. Des sourcils parfaitement épilés se soulevèrent face aux jambes fortes et viriles toujours vêtues du pantalon.

Elle posa la trousse sur le côté, prenant un moment pour enlever doucement le tissu de son entaille ensanglantée. Enroulant les doigts en deux poignées d’étoffe, elle le regarda à nouveau. Il s’exécuta, s’appuyant sur ses mains et soulevant le bas de son corps, lui permettant d’ôter le pantalon déchiré de son corps. Le roulant en boule, elle le jeta espièglement par-dessus son épaule, oublié comme sa chemise et sa ceinture.

Il l’observa silencieusement. Des iris noisettes furent baissées, concentrées sur ses soins – nettoyer l’entaille, appliquer inutilement mais soigneusement de la crème antiseptique, couper et appliquer un bout de gaze. La seule lumière était l’éclat jaune de la lumière de la salle de bain. Sa magnifique bouche était pressée en une ligne de concentration. Elle plissa le nez avec agacement quand un morceau de papier collant se replia, et il sourit.

Sentant son regard sur elle, elle leva la tête. Un léger rougissement orna ses joues, sa poitrine, s’étendant sur le sommet de ses seins, visibles entre le bas ‘V’ du col ouvert. Elle lui fit son sourire incroyablement grand. Tellement grand, tellement charmant. Parfaite imperfection.

Quand elle eut fini de panser la lacération, il prit sa joue lisse dans sa main, l’attirant dans un doux baiser. Un merci muet. D’être là, de l’aimer, de le protéger. Le protéger des ténèbres de son passé, de l’incertitude de son futur, de la solitude de sa mission.

Son gardien.

Elle changea de position, grimpant dans le lit, rampant par-dessus les couvertures tandis qu’il les soulevait. Ils se glissèrent tous les deux en dessous, des bras forts cherchant instantanément la peau chaude et consentante alors qu’il l’attirait à nouveau dans son étreinte, sirotant un autre doux baiser de ses lèvres. Elle se blottit contre son torse et, aussi doucement que Morphée les avait relâchés ce matin, il les enveloppa dans ses bras tendres.

“Bonne nuit.”

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