Chasser L’Obscurité

L’obscurité. L’obscurité sans fin et dévorant l’âme. Angel pouvait la sentir l’attirer même s’il avait allumé à peu près toutes les lumières de son appartement pour aucune autre raison que de ne pas être dans le noir pour une fois.

Ca en disait long pour lui. Il avait finalement décidé de suivre le conseil de Cordélia et d’éclairer un peu la pièce et tout ce que la lumière semblait parvenir à accomplir, c’était lui plomber le moral un peu plus que d’habitude. Ironique. Il soupira et retourna dans son bureau, s’affalant sur son fauteuil.

“Qu’est-ce qui ne va pas, oh sombre homme?” lui demanda Cordélia de l’autre côté de la pièce.

Il tressaillit légèrement au son de sa voix. “Cordélia,” répondit-il. “Tu es toujours là.”

Un hochement de tête et un sourire sarcastique. ”Ouais, je suis là.”

“Pourquoi?” demanda Angel.

Cordélia haussa les épaules et se laissa tomber sur le siège en face du sien avec un profond soupir. “Je n’ai pas de vie,” déclara-t-elle simplement. “Sans vouloir te vexer, rester assise ici un vendredi soir alors que je pourrais être autre part est, je ne sais pas, quelque chose que seules les personnes qui n’ont pas de vie font. Je suis pathétique!”

Soulevant un sourcil, Angel plaça une main sur le bureau devant lui. Il tapota des doigts pensivement pendant un instant, contemplant ce qu’il allait répondre et stoppant abruptement le mouvement quand il fût prêt.

“Cordy. Tu en es plus remplie que toute autre personne que je connaisse,” commença-t-il maladroitement. “Remplie de vie, je veux dire. Et c’est bien. Tu illumines les choses ici et…” Il agita ses mains de façon significative, “… ça serait mort sans toi. Ce que j’essaye de dire, c’est…”

“Je sais,” interrompit Cordélia. “Tu ne peux simplement pas vivre sans moi.” Elle sourit. “D’une façon vampire qui est déjà mort.”

Angel haussa faiblement les épaules. “Hé bien, je n’irais pas jusque-là, mais oui, tu es une amie formidable et ma vie de non-vivant ne serait pas aussi réjouissante sans toi.” Au moment où les mots quittèrent ses lèvres, il fût frappé par à quel point ils étaient vrais. En l’espace de quelques minutes, elle avait considérablement égayé son humeur et l’effort qu’il avait fourni, à allumer toutes les lampes, sembla inutile.

Il se leva et lui tapota le dos. “Merci, Cordy,” sourit-il. Il la laissa debout dans l’embrasure de la porte et commença le voyage jusqu’à son appartement pour éteindre toutes les lampes. Il n’avait pas besoin de lumière physique pour illuminer ses journées. Il avait Cordy.

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