Conversation De Filles

“Hum, Fred? Je peux te parler une minute?”

Winifred leva les yeux pour voir Cordélia debout derrière elle. Elles étaient dans le jardin de l’hôtel, avec Fred dans le coin, un livre dans les mains. Elle sourit légèrement. “Bien! Parler, c’est bien. Tu sais, comme les mots sortent de ta bouche et puis l’autre comprend en une sorte de —“

“Je vais prendre ça pour un oui,” dit Cordélia alors qu’elle s’asseyait à côté de l’autre fille. Comme d’habitude, la fille divaguait à nouveau. Divaguer d’une façon très mes-pensées-ne-sont-pas-en-ordre-et-ça-m’-embrouille. Elle jeta un coup d’œil sur le livre que Fred lisait. “Qu’est-ce que c’est?”

“Oh, Ca?” Fred souleva son livre. “C’est un livre sur un homme qui peut tout avoir sauf—“

“Euh, ouais. Chouette.” Cordy secoua légèrement la tête, et pensa, ce n’est pas étonnant qu’Angel reporte les choses à plus tard! “Ecoute, Fred. Je veux… te parler… à propos d’Angel.”

Ca attira certainement l’attention de Fred. Elle posa le livre sur le côté et fixa Cordélia intensément, lui lançant un regard vas-y-je-t’-écoute.

“Tu vois… hé bien…”

“Cordy… je peux t’appeler comme ça?”

“Bien sûr, Fred.”

Fred essaya à nouveau. “Cordy… hé bien… Je sais qu’Angel et toi êtes proches tous les deux, tu sais, comme l’adhésif avec le papier?”

Cordélia réprima l’envie de rouler les yeux. Qu’est-ce que Fred avait avec les métaphores? D’abord les chiens, maintenant… de la colle?

“…et …et tu sais comme il… a risqué sa vie pour sauver la tienne quand on était à Pyléa… donc je me disais…”

“Quoi?”

“Est-ce qu’Angel et toi êtes… tu sais, ensemble?”

“Oh, on est toujours ensemble. Comme… comment tu as dit? Oh, le papier avec la colle. Ouais. On est proche comme… le beurre de cacahuètes et la gelée. Mais d’un autre côté… oh. Oh.” Marmonna Cordélia alors qu’elle remarquait l’expression sur le visage de Fred. “Non, non! On n’est pas ce que tu crois qu’on est. Je veux dire, ouais, on est proches et tout, mais on n’est pas aussi proches.” Cordy acquiesça pour elle-même et Fred. “Pas aussi proches. Pas du tout.”

“Mais pourquoi?” Fred repoussa ses lunettes sur son nez. “Tu ne le trouves pas… attirant?”

“Pas attirant? Angel? Pff.” Cordélia ricana indélicatement. “C’est comme dire qu’Alex est la plus grosse trouvaille du siècle.”

“Alex?” dit Fred, lançant un regard vide à Cordy.

“Oublie,” Cordélia se redressa et regarda Fred droit dans les yeux, “Si, je trouve qu’Angel est attirant. Vraiment. C’est juste que… hé bien… il y a certaines parties de lui qui deviennent mauvaises quand il s’aventure par là.”

“Là?” Un autre regard vide. “Où est là?”

“Tu sais, là.” Cordélia jeta un œil au visage de Fred, puis soupira. “Tu ne comprends pas. Ok, alors, c’est toi qui l’as demandé ma sœur. Je vais te le dire de manière directe… il ne peut pas… le faire.”

“Faire quoi?”

“Tu sais, s’envoyer en l’air. Avoir le mot à quatre lettres. Parce qu’autrement… il perdrait son âme, et ça libérerait son alter ego très peu sympathique, Angélus.”

“Alter ego? Tu veux dire Angel a un cas de schizophrénie?”

“Euh… ouais, il est schizo, mais dans le sens où… disons-le de cette façon. Angel plus sexe égal Angélus. Maintenant, Angélus moins âme égal mort de beaucoup de personnes. Maintenant, je prends beaucoup dans le sens d’énormes grandeurs, ce qui veut dire beaucoup au cube, au carré, et élevé au plus grand nombre possible.” Elle stoppa son discours. “Tu comprends?”

Fred acquiesça, un peu hésitante au début. “Mais pourquoi est-ce que tu—“

“Te dis ça? Hé bien… j’ai appris que toi, Fred, tu as le cas sérieux d’un béguin pour notre collègue, un certain vampire nommé Angel.”

“Je n’ai…”

“Pas un béguin pour lui? Je t’en prie. C’est comme si je disais non à des soldes chez DKNY. Un grand ‘ça ne pourra jamais arriver’. Tu as le béguin pour lui. Tu n’as pas en avoir honte. C’est normal. Je veux dire, qui n’en aurait pas, pas vrai?”

“C’est si évident que ça? Est-ce qu’il le sait ?”

“Hé bien… oui, il le sait. En fait, c’est lui qui était censé te dire ces choses, mais je pense qu’il va tout foirer, alors je l’ai fait à sa place.”

“Oh.”

Cordélia lui tapota l’épaule. “Déride-toi, Fred. Ca veut dire que tu reprends le contact avec nous. Tu as fait un pas de plus vers la normalité. Ok… ce n’est pas sorti de la bonne façon, mais tu vois où je veux en venir.”

“Mais… il est juste tellement…” Fred s’arrêta pour chercher le bon terme, “gentil. Et généreux. Et séduisant. Et…”

“Wouah, arrête-toi là, lunettes. Si tu continues, tu vas avoir une liste d’un kilomètre.”

“Mais… tu sais. Il est juste…”

“Du genre grand frère. Je sais.”

“Donc… c’est ça? En quelque sorte il… tient à moi de la même façon qu’un grand frère?”

“Oui. Ecoute, il…. Hé bien, il t’aime beaucoup. Je veux dire, nous t’aimons beaucoup, et Angel aussi. Mais je pense que ça ne pourra pas aller plus loin. ”

Fred baissa les yeux. “Ok.”

“Bien. Ok. Maintenant que c’est fait, je serais dans le bureau. Crie si tu as besoin de moi.” Cordy se leva et se prépara à partir.

Fred souleva son livre, et puis leva les yeux. “Cordy?”

“Oui?” dit Cordy alors qu’elle se retournait.

“Tu as le béguin pour Angel aussi?”

Cordélia lui sourit d’une façon tu-te-fiches-de-moi. “Oui, bien sûûûûr. Comme si ça allait arriver.”

“Mais tu viens de dire que c’est normal d’avoir le béguin pour lui.”

“Je sais ce que j’ai dit, Fred. C’est juste que… hé bien…” Elle regarda le visage de Fred. Elle soupira et puis sourit. “Oui. J’en avais un. Accentuation sur le mot avais. Mais ne lui dis pas, ok ? Ca sera notre petit secret.”

“Secret. N’étant pas destiné à partager avec les autres. Compris.” Lui dit Fred.

Cordélia secoua la tête, et puis retourna dans l’hôtel.

Après quelques minutes, Angel sortit pour avoir sa ‘conversation’ avec Fred.

Fin.

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