La Série Du Prisme – Jaune

La Série du Prisme
La lumière se divise en un arc-en-ciel, les couleurs de l’amour et de la perte fusionnent brièvement avant de se disperser à nouveau… Les pensées d’Angel et Cordélia, durant une année de naissance, de mort et de changement.

 

Le symbolisme du jaune: Joie, optimisme, idéalisme, imagination, espoir, lumière du soleil, été, jalousie, maladie.

***

Je passe la porte en sautillant comme si j’avais passé une bonne journée, ce qui n’est pas vraiment vrai, à moins qu’une « bonne journée » inclus d’être poursuivie dans le métro par un vampire fou de chagrin.

D’un autre côté, il ne m’a pas attrapée, donc peut-être que c’en est une.

J’ai à peine fermé la porte que Dennis diminue les lampes, allume des bougies et fait couler les robinets dans la salle de bain. Je ris. « Je vais bien mieux aujourd’hui, » expliquais-je. « Pas de vision pour déchirer le dessus de mon crâne. Pas de client ne payant pas à appeler et harceler. Et seulement un seul méchant à tuer, mais Angel s’en est occupé. »

Angel. Je peux sentir mes lèvres se courber en un sourire autour de son nom. Oh, mon Dieu, c’est tellement bon de l’avoir à la maison. La maison – ce mot ne semble toujours pas s’appliquer à Los Angeles, parfois. Et autant que j’aime ma maison, ça semble vraiment plus être l’appartement de Dennis, pour dire la vérité. (Il faut voir la vérité en face; il est resté en place après quatre décennies et un cas sérieux de mort. Ce type ne rompra pas le bail de sitôt.) Mais Angel entre par la porte d’entrée — ok, la porte du sous-sol – et soudainement tout ressemble à la maison. L’Hypérion, mon appartement, Los Angeles, et peut-être à peu près tous les endroits du monde.

Ok, c’est une pensée bizarre.

Dennis passe le loofa par la porte de la salle de bain en ce que je sais être une question. L’eau de la baignoire coule toujours, c’est probablement sa façon de faire remarquer que, indépendamment du fait que ma journée ait été super ou nulle, je dois quand même me laver. « Tu marques un point, » Je soupire alors que j’ôte mes chaussures d’un coup pied. « J’ai sûrement un mauvais cas de bactéries de métro. »

Quand je laisse tomber mon sac sur la chaise, je me souviens du cadeau d’Angel, et je dois le sortir pour le regarder une nouvelle fois. Pourquoi est-ce que les hommes plus normaux n’ont pas ce genre de goût? Le collier qu’il a ramené du Sri Lanka est sublime – des teintes de terre, donc il est naturel et discret, mais il a une sorte de richesse. Il brille doré dans la lumière des bougies, et il semble lourd contre ma paume.

Huh. Je n’ai jamais eu de petit ami qui m’ait donné quoi que ce soit d’aussi bien. Dommage que le seul type qui sait lire mes pensées ne soit qu’un ami.

J’ôte la pince de mes cheveux et passe mes doigts dedans, les ébouriffant. Angel n’a rien dit sur la nouvelle coiffure. Huh. Je parie que je pourrais teindre mes cheveux en mauve sans qu’il ne dise rien. Ca vaudrait peut-être la peine d’essayer juste pour voir ce qu’il ferait. J’enlève mes vêtements, les lançant en l’air pour voir dans combien de directions différentes Dennis peut les rattraper. (Toutes, bien entendu) Donc, au moment où j’entre dans le bain, je n’ai plus à m’occuper que d’une baignoire remplie de bulles à l’odeur de tournesol et de quelques bougies. « Parfait, » soufflais-je. « Tout juste parfait. »

Je jette un œil au miroir rempli de buée, prête à apprécier les dommages du jour. Mais, à ma grande surprise, un jour de chasse au vampire n’a pas eu les effets habituels. Pas d’ombres sous les yeux. Pas de joues creusées par l’épuisement.

A la place je me vois d’une façon dont je ne me suis pas vue depuis trop longtemps. J’ai l’air bien. Superbe, en fait. Jeune et bronzée et radiante de vitalité. L’air que j’avais l’habitude d’avoir que je revenais d’une soirée à la plage, ou d’une réunion d’encouragement, ou même d’un rendez-vous avec Alex, avant qu’il ne revienne à ses manières de ringards. Franchement rougissante. J’ai un sourire très stupide sur le visage, et je suis heureuse que Dennis soit le seul à pouvoir le voir.

Je ne suis pas malade, je pense. Pas même un tout petit peu. Vous voyez? Je suis une telle hypocondriaque. Pire que ma mère, même. M’imaginer des problèmes qui ne sont pas là – Je veux dire, si j’étais vraiment malade, vraiment en danger à cause des visions, je ne brillerais pas d’éclat là tout de suite. Alors voilà.

L’eau est presque insupportablement chaude – mot clé, « presque. » Comme mon colocataire poltergeist amical le sait, elle est comme je l’aime, fumante et brûlante de sorte que je doive plonger mes jambes dedans doucement, puis m’y enfoncer graduellement, grimaçant quand la chaleur clapote contre mon ventre et ma poitrine. Ma peau picote avec l’assaut et je fais une petite note mentale de l’hydrater plus tard. Puis je relâche mon souffle et laisse ma tête rouler contre le coussin jaune en mousse.

Et puis il n’y a rien d’autre que moi, et les bougies, et la chaleur, et des souvenirs d’Angel.

Ok, c’était une pensée encore plus bizarre.

Enfin, peut-être pas aussi bizarre. Je veux dire, vous seriez étonné de ce que le bon collier peut faire à une fille. Pendant une seconde, je me demande si Angel avait l’intention que le collier ait ce genre d’effet – corrompre le cerveau d’une amie plus ou moins saine d’esprit – et puis je repousse cette pensée. Ca semble — inconfortable. Surtout parce que ça semble aussi fichtrement intéressant.

Mais je ne devrais pas me faire des remontrances pour une occasionnelle démence temporaire. Après tout, Angel mérite assez qu’on ait le béguin pour lui, si vous aimez ce genre de type bien-musclé, bien-habillé, chevalier-en-armure-de-cuir-noir. Dommage qu’il n’y ait pas que ça. Si Angel n’avait pas des crocs et une malédiction et un cœur mort qui est probablement brisé à jamais par une autre fille – hé bien, il les a. Et je ne me laisse pas l’oublier.

Avant que je sache tout ça, évidemment, les choses étaient différentes. Au lycée, je mourrais d’envie de le faire mien — ou, si ce n’était pas possible, le surprendre un peu saoul ou un peu fâché contre Buffy et faire du pelotage méga fautif sur le siège arrière de ma voiture. J’avais un super gros fantasme là-dessus – l’eau semble un peu plus chaude alors que je m’en rappelle – l’odeur de nouvelle voiture et ma jupe de pom-pom girl montrant mes jambes et les mains d’Angel glissant sous mon pull de Sunnydale-High. Et ça semblait seulement plus doux de penser que Buffy le découvrirait un jour —

Buffy. Oh, mon Dieu.

Mes yeux se ferment alors que la culpabilité me frappe; le chagrin vient plus tard, et j’ai honte de dire qu’il n’est pas aussi fort. Buffy – en tant que personne, je l’appréciais, habituellement. On n’était pas vraiment amies, mais elle venait aussi près que n’importe qui avant qu’Angel et moi ne nous rapprochions. Mais Alex et Giles m’avaient assez bien expliqué le marché de la Tueuse au lycée, et j’ai toujours su qu’elle mourrait jeune. Est-ce que ça veut dire que j’étais préparée ? Je ne sais pas.

Mais, mince, j’aurais pu la traiter mieux pendant qu’elle était là. Je n’étais pas obligée de lui dire des trucs méchants juste parce qu’elle était l’amie d’Alex. J’aurais pu aller la voir après la mort de Mme Summers au lieu de lui envoyer une fichue carte que j’ai achetée au centre commercial. Et je n’étais pas obligée de passer la moitié de nos années d’étudiantes à essayer de me faire son vrai amour.

« Je suis désolée, » dis-je tout haut. Ma voix résonne légèrement contre les carreaux. Dennis ne fait rien. Il sait que je ne parle à personne présent dans la pièce.

Comment est-ce que je peux encore avoir du mal avec ça alors qu’Angel s’y fait? Il devrait être – je ne sais pas, fou ou quelque chose du genre. Faire son truc Byronic. Déchirer des choses et frapper les murs et offrir son âme aux Puissances pour une autre heure de sa vie. Ca ressemble au comportement d’Angel en pleine crise.

Mais au lieu de ça, il est calme. Il est posé. Il accepte vraiment sa mort. Je dois vous dire, j’aime Angel, mais je n’ai jamais cru qu’il avait ça en lui. Et pourtant nous y sommes, quatre mois après la mort de Buffy, et il semble mieux y faire face que moi.

Je soupire et m’enfonce un peu plus dans l’eau. Je souhaiterais pouvoir penser à Angel à nouveau sans me flétrir avec culpabilité, et puis je suis contente de ne pas le pouvoir.

Et puis il y a un coup sur la porte. Je ne dois même pas me demander qui c’est.

« Une petite minute! » criais-je, sortant rapidement du bain. La mousse abandonnée pétille légèrement dans la baignoire et sur ma peau. Dennis ferme la porte de la salle de bain, ce qui veut dire qu’il va laisser Angel rentrer pour moi. Je m’essuie aussi vite que je peux et enfile mon peignoir; mes cheveux sont humides et tous bouclés à cause de la buée, mais je les relève avec la pince et je sors. Ce n’est pas comme si Angel ne m’avait pas vue pire que comme ça.

Il est assis sur mon divan quand j’entre dans le salon. Angel me sourit quand je m’assieds à côté de lui, mais ça n’atteint pas ses yeux. Je le savais.

« Buffy, » dis-je calmement.

Angel hoche la tête, et je prends sa main dans la mienne. Il ne parle pas pendant plusieurs minutes, mais il dit finalement, « Je pensais ce que j’ai dit aujourd’hui. Je vais bien. »

« Tu vas tellement bien que tu viens chez moi à 11 heures du soir. »

« Je voulais t’en parler, » dit-il. « Et c’est pour ça que je sais que je vais bien. »

Je n’ai pas vraiment de réponse à ça, donc je serre juste sa main et espère que ça dit tout pour moi.

Angel pose son autre bras sur le dossier du divan, nous rapprochant, comme s’il allait me dire un secret dans un endroit public et qu’il voulait qu’il n’y ait que moi qui l’entende. « Ca m’a juste frappé quand j’ai essayé d’aller dormir. La dernière nuit que j’ai passé à l’Hypérion – c’était la nuit après ses funérailles. Et j’avais l’impression que toute cette douleur était toujours couchée là dans le lit, attendant pour m’engloutir à nouveau. »

« Tu peux rester ici ce soir, » offrais-je, surprise de sentir mon pouls palpiter quand je le dis. « Sur le divan, » ajoutais-je, comme si j’aurais pu vouloir dire quelque chose de différent. Parce que ce n’est pas le cas. Non, non. Absolument pas.

Il me sourit tristement. « Je souhaiterais pouvoir, » dit-il. « Mais alors, ensuite il y aurait demain soir. Et la nuit après ça. Je vais devoir y faire face tôt ou tard. Alors je vais y faire face ce soir. »

« C’est probablement la chose la plus intelligente à faire. Mais si tu vas le faire à la dure, pourquoi tu es là? »

« Je voulais le dire à quelqu’un. »

« Tu aurais pu le dire à Fred, » fais-je remarquer. « Fred est à l’Hypérion en ce moment même. »

« Fred parle d’équations du 2ème degré avec les rideaux, » répond Angel. « Je voulais te le dire. »

Ce qui n’explique pas pourquoi il n’a pas pris le téléphone pour m’appeler. Mais je me fiche de pourquoi il est là – je suis juste contente qu’il le soit.

L’air de nuit est un peu frais contre ma peau toujours humide, et je relève mes pieds sous moi pour les garder au chaud. Angel lisse une mèche mouillée de cheveux derrière mon oreille, et j’espère que c’est le froid qui me fait frissonner, pas le fait que c’est moi et que c’est Angel et qu’on est seuls et qu’il fait nuit et que je ne porte pas grand-chose dans le département des vêtements et qu’il y a définitivement un facteur incandescent de lumière de bougies et qu’on se tient la main et qu’on se regarde —

Parce qu’il est là pour pleurer Buffy, la fille morte des souvenirs auxquels je n’arrive pas à arrêter de penser.

Je détourne brusquement ma tête et mords ma lèvre. « Hey, » dit-il. « Qu’est-ce qui ne va pas? »

« Buffy, » dis-je. « Comment ça se fait que tu puisses faire face à sa mort et moi pas? Comment ça se fait que je ne peux pas tenir dix minutes sans me sentir coupable de — » Ma gorge se noue et c’est tout aussi bien, parce que je ne suis vraiment pas sûre de comment j’aurais fini cette phrase.

Angel est silencieux pendant un long moment après ça, mais il ne lâche pas ma main. Je commence à souhaiter qu’il le fasse.

« Je me sentais coupable au début, » dit-il enfin. « Les premières semaines, je me sentais coupable comme jamais. »

Pour Angel, c’est sérieusement parlant. « J’imagine, » murmurais-je. Mais vraiment, je parie que ce n’est pas vrai.

« Mais après un temps, j’ai commencé à réaliser quelque chose sur la culpabilité. Une chose à laquelle je n’avais encore jamais pensé. »

C’est sidérant de penser qu’Angel aurait quelque chose de nouveau à apprendre sur le sujet. « Qu’est-ce que c’est? »

Doucement, il dit, « Parfois, tu te sens coupable parce que c’est – plus facile. »

« Ca ne semble pas plus facile. »

« Non. Mais le chagrin, la perte et la souffrance non plus. » Angel lâche ma main ensuite, pour illustrer ce qu’il dit avec un geste vague. « Si tu te sens coupable, tu sais quoi ressentir. Qui blâmer. Tu peux te détester, te faire des reproches, proposer toutes les choses que tu aurais dû faire différemment, que tu continues de mal faire. Tu peux le faire pour toujours. Et pendant que tu fais ça, tu n’es pas obligé de penser à – la manière dont elle coiffait ses cheveux, ou comment elle faisait revivre ses rêves amusant le lendemain. » Sa voix est rauque maintenant, mais il continue. « Le cochon en peluche qu’elle avait sur son lit. Mr. — Mr. Quelque Chose. Je ne m’en souviens plus. Et j’ai envie de me détester parce que je commence à oublier des choses sur elle, mais c’est la solution facile. Parce que ça veut dire que je pense à moi. Pas à elle. »

Et c’est ce que je faisais aussi, je réalise. Me sentir coupable par rapport à Buffy, par rapport à des choses stupides datant de plusieurs années et dont je sais qu’elle ne se souciait même plus. Comme la façon dont on se poignardait dans le dos durant la course pour la Reine des Terminales. Rien que penser à ça fait mal – ses petites affiches mignonnes, la satisfaction que j’avais à les couvrir avec les miennes. Je m’imagine les agrafes qui s’enfonce dans son visage comme si elles s’enfonçaient dans sa chair. Angel dit que c’est plus facile? Plus facile que quoi?

Mais je connais la réponse, je la connais par cœur, parce que je m’en détourne depuis des mois.

Me sentir coupable par rapport à Buffy est plus simple que de penser au fait qu’elle n’a pas choisi qui elle était, pas plus que j’ai choisi d’être qui je suis. Ou qu’elle aurait pu mourir n’importe quand, et que les migraines sont devenues si douloureuses parfois que je vomis après. Ou que les Puissances ne se soucient pas vraiment de combien de temps vit une guerrière, tant qu’elle fait son devoir. Au fond, c’est plus simple que de penser que j’ai peut-être quelque chose en commun avec Buffy, n’importe quoi, parce que je sais où finit cette histoire.

Ouais, je préférerais me sentir coupable. Mais pas Angel. Le calme qu’il avait plus tôt dans la journée se réinstalle sur lui, l’apaisant de l’intérieur.

« Seigneur, » dis-je, parce que je ne sais pas quoi dire d’autre. « Tu le penses vraiment. C’est comme ça que tu fais face à la perte de Buffy. »

« Pas juste Buffy, » dit Angel. « J’ai passé cet été à penser à beaucoup de personnes à qui je ne m’étais pas autorisé à penser depuis longtemps. Ma sœur — Cordy, tu sais, j’ai passé un siècle à me déchirer parce que j’ai tué ma sœur, mais je ne me suis jamais arrêter pour m’autoriser à ce qu’elle me manque? »

Je secoue la tête, et il soupire. « C’est tellement bizarre. Ce n’est pas que je ne me sens plus coupable. Je me sens coupable. Je sais que j’ai tué ma sœur. Et je n’arrêterais jamais de me demander si j’aurais pu faire changer les choses pour Buffy, si j’avais été là. Mais j’ai dû laisser le chagrin partir. A la fin — Cordy, c’est le seul moyen de vraiment se souvenir d’eux. »

Je hoche la tête, comme si je comprenais ce qu’il dit. Et je suppose que c’est le cas, mais seulement en surface. Je ne peux pas toucher ce qu’il ressent, pas vraiment. Mais pour la première fois, je comprends le poids qui n’est plus sur lui. La façon dont il est mieux dans sa peau depuis la minute où il est revenu. Il est libre.

Angel est vraiment et réellement libre.

Soudainement, il semble faire neuf fois plus froid dans la pièce, et je ne peux même pas imaginer ce que je fais dans mon peignoir et avec mes cheveux mouillés. « Tu es sûr que tu ne veux pas dormir sur le divan? » offrais-je. « Il n’y a pas de problème autrement. »

« Non, » dit-il. « Non, je devrais retourner à l’Hôtel. Ca ne va pas devenir plus facile. »

On se lève ensemble, et j’enroule mes bras autour de moi pour éviter le frisson. On dirait un peu que je le mets à la porte, ce que je fais un peu, mais je ne veux pas que ça en ait l’air. « Angel – Je suis contente que tu sois aussi fort face à tout ça, » dis-je. « Je suis contente que les choses aillent mieux pour toi. »

Il sourit alors qu’il se dirige vers la porte. « Sur le bateau, parfois – quand je pensais que je ne pouvais plus continuer – Je me souvenais de toi. Parfois je pensais que je pouvais t’entendre rire. Ca a beaucoup aidé. »

Soudainement, c’est comme si je pouvais le voir — Angel dans les profondeurs du bateau, regardant le collier qu’il m’a acheté. Ce cadeau précieux d’un endroit lointain, quelque chose qu’il ramenait de son chagrin à la personne qui le faisait sourire. Et il n’y a aucune chance que je puisse m’empêcher de sourire en retour. « Contente d’avoir pu être utile. » On s’enlace étroitement devant la porte et, pendant que ses bras s’enroulent confortablement autour de ma taille, que son visage se presse dans la chaleur de mon cou, je prends un moment pour être reconnaissante de n’avoir jamais craqué pour lui. Pas vraiment. Parce que si c’était le cas, je ne pourrais pas être son amie comme ça, n’est-ce pas? Et Angel a besoin de ses amis.

Angel se recule; il n’a besoin de rien dire, se tourne simplement et s’en va. Je le regarde s’éloigner dans les ténèbres pendant un moment, jusqu’à ce que Dennis ferme finalement la porte.

Je vais dans ma chambre pour mettre un T-shirt et un pantalon en coton – bien plus confortable pour dormir – mais alors que j’ôte le peignoir, j’aperçois mon collier sur la table de nuit. Le collier qu’Angel a ramené pour moi – un cadeau d’un ami à un autre. Avant de pouvoir m’en empêcher, je dois l’essayer à nouveau.

Je me tiens devant le miroir, nue, et attache le collier autour de mon cou. Il est lourd et froid contre ma peau humide, et je sens un frisson me parcourir. Le pendentif pend presque entre mes seins, et il se lève et tombe avec ma respiration. Pendant un moment, je me demande si Angel a pensé à quoi il aurait l’air – à quoi j’aurais l’air maintenant – quand il l’a acheté.

Je me regarde de haut en bas, de la tête aux pieds. A mes pieds, je peux voir une boîte pleine de médicaments qui me font de moins en moins de bien.

Puis je pousse les pensées d’Angel de côté. Le gars a besoin de ses amis. Et moi aussi.

Fin

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