Fallen: Chapitre 3

 

 

– Mademoiselle Kiõv, redemanda la personne qui se tenait près d’elle.

Il avait les cheveux poivre et sel. Son visage ne lui était pas du tout familier. Il était habillé de blanc. On pouvait remarquer une sorte de petite plaque argentée cousu sur sa veste où y figurait un nom qu’elle ne pu déchiffrer. Il la vit essayer faiblement de se mettre debout mais la reteint en lui aposant doucement la main sur l’épaule.

– Vous êtes encore en stade de réveil. Ne faites pas de mouvements brusques, lui dit il d’un ton calme et rassurant. Vous revenez de loin, vous savez. Vous êtes à la clinique privée Speranță à Sibiu. Je suis le docteur Laptar. Quelle est la dernière chose dont vous vous souvenez ?

La jeune femme était perplexe. Qui était cette mademoiselle Kiõv ? Qu’est ce qu’il s’était passé ? Avait-elle quelque chose à craindre ? Son esprit était encore embrumé. Au bout de quelques secondes elle se redit compte qu’elle ne se souvenait… de rien ! Un moniteur s’affola sans qu’elle puisse comprendre ce que cela signifiait.

– Mademoiselle, tout va bien, la rassura t il, vous êtes en sécurité.
– Que… Qu’est ce que je fais ici, demanda faiblement la jeune femme en regardant de tout les côtés pour se repérer.

Tout était d’un blanc immaculé où qu’elle posait le regard. La fenêtre à persienne donnait sur un ciel bleu azur sans nuages. C’était plutôt spacieux pour une chambre d’hôpital. Elle ne vit rien d’autre autour d’elle que les moniteurs au dessus de sa tête et un fauteil très confortable en cuir blanc. Elle mit un temps fou à se refocaliser et formuler la question qu’elle appréhendait le plus.

– Qui suis-je ?
– Calmez-vous ou je serai obligé de vous sédater, la prévint-il. Il faut que vous restiez calme encore quelques instants. J’ai besoin de faire le diagnostique de vos fonctions vitales. Je répondrai à vos questions par la suite mais cet examen est impératif.

Elle prit de profondes inspirations pour apaiser la panique qui l’avait gagné. Au bout de quelques instants, le moniteur qui s’était précédemment enclenché se tut.

– Bien, sourit le docteur. Je comprends parfaitement ce que vous ressentez. C’est un effet secondaire de votre coma.
– Mon.. Mon quoi ?

Le médecin sourit et rapprocha le fauteuil pour s’assoir.

– Restez immobile quelques instants, le temps que de je vous examine. Ensuite, nous reprendrons tout depuis le début.

Malgré ses réticences, elle s’exécuta. Il tapota sur une tablette tactile étrange et transparente. Un balayage au laser bleu en sorti et scanna la jeune femme. Il tapota encore quelques minutes acquiesçant, satisfait de ce qu’il pouvait à parement lire. L’objet émettait une faible lueur bleue. Ce dernier fascinait la jeune femme. Se rendant compte du regard intrigué de sa patiente, il lui désigna son appareil en lui annonçant le résultat de ce qu’il avait analysé.

– Vos constantes sont stables. Je vous ai programmé une séance dans le Tempus dans une heure et demie pour remédier à votre blackout. C’est une machine permettant de soigner les défaillances ponctuelles de la mémoire. C’est sans douleur et ça ne dure que trente minutes. En attendant, je vous propose de vous communiquer des informations de premières nécessités vous concernant.

Il redirigea son regard sur sa tablette, tapota quelques instants comme s’il cherchait des notes. Lorsqu’il eu trouvé, il commença la lecture.

– Vous vous appelez Evelina Kiõv. Vous avez 22 ans et êtes originaire d’Avrig. Vous viviez dans la même ville que vos parents dont vous êtes la fille unique. Votre mère, Elena, était cadre chez Vidacom, une grande entreprise de développement biotronique à usage civil, et votre père, Teodor, était le PDG de Taxim, la plus grande multinationale en termes d’urbanisation High Tech. Il y a un an, vos parents ont été portés disparus par vos soins et on été retrouvés morts deux mois plus tard.

Le docteur Laptar releva la tête pour savoir si sa patiente avait des questions sur ce qu’il venait de lui annoncer. Elle regardait de nouveau le plafond. Il remarqua qu’une larme coulait sur sa joue. Evelina était à la fois déchirée de tristesse et amer. Génial, se réveiller d’un coma sans plus aucune famille. Bienvenue dans le monde réel… Il comprit que la nouvelle qu’il venait d’annoncer n’était pas facile à encaisser et se rendit compte de sa maladresse.

– Je vous présente mes plus sincères condoléances, s’adoucit-il, je suis vraiment désolé de vous apprendre ceci si brutalement une nouvelle fois. Je n’ai compris mon indélicatesse qu’après avoir lu à haute voix.

Il fit une courte pause durant laquelle Evelina chassa ses larmes du revers de la main. Elle prit une grande inspiration et tourna la tête de nouveau vers son médecin.

– Continuez, s’il vous plait, murmura t elle.

Il fut décontenancé une fraction de seconde par l’aplomb dans les yeux de sa patiente. Elle avait beau être temporairement amnésique, son regard faisait preuve d’une grande détermination. Pour ne rien laisser transparaitre, il fit mine de chercher dans ses notes l’endroit où il avait arrêté sa lecture.

– Pour finir, il y a trois mois, vous avez été retrouvée dans une ruelle de Sibiu dans un coma de type 3. A en juger par votre état physique, vous avez du subir une violente agression. Votre corps était recouvert d’ecchymoses mais vous n’aviez aucunes blessures internes graves. Vous avez été transporté ici, comme indiqué dans votre portefeuille digital. Nous vous avons soigné les quelques blessures internes grâce à notre TY350, un appareil de régénération cellulaire. Nous aurions pu vous réveiller mais, au vu de vos traumatismes physiques, nous avons jugés plus judicieux de laisser le processus se dérouler naturellement.

Evelina leva lentement ses bras à hauteur de vue afin de trouver d’éventuelles traces de bleus.

– Navrés de vous décevoir mais vos ecchymoses ont été guéris après 4 minutes dans le TY350, sourit l’interne.

Elle le regarda perplexe. Elle devait emmagasiner et digérer beaucoup d’informations en si peu de temps. Elle avait l’impression d’être une enfant à qui il faut tout apprendre de nouveau. C’était très frustrant.

Comme s’il avait lut dans ses pensées, le docteur Laptar appuya sur une icone de sa tablette. Une dose de perfusion bleutée lui fut administrée. Elle senti instantanément la complète fluidité des ses gestes et une parfaite lucidité mentale. Elle avait repris une totale maitrise de son corps comme si elle n’avait jamais fait un coma aussi long. Ce procédé l’intriguait mais elle essaya de passer sa stupeur sous silence. Elle put donc s’assoir dans son lit sans peine. Alors que la perfusion et les capteurs présents sur son corps se retiraient d’eux même, le médecin conclu.

– Je vous suggère d’aller vous rafraichir dans la salle de bain qui se trouve juste ici. Au vu de l’état de détérioration de vos vêtements retrouvés sur vous il y a trois mois, nous avons pris la liberté de vous en acheter de nouveaux. Vous les trouverez sur la causeuse.

Evelina avait rabattu la couverture et s’apprêtait à enfiler des chaussons d’hôpital. Le médecin était resté quelques instants afin de s’assurer que sa patiente avait bien récupéré toutes ses fonctions motrices puis avait tourné les talons.

– Docteur Laptar, l’interpela Evelina, quel jour sommes nous ?
– Nous sommes le 22 mai 2134, Mademoiselle Kiõv. Bienvenue dans le XXIIe siècle.

Il franchi la porte en verre opaque automatique laissant à sa patiente un peu d’intimité.

Elle se dirigea vers la porte que le médecin lui avait indiquée et se retrouva dans une grande salle de bain. Contrairement à sa chambre épurée dans les tons bleu ciel et blanc, cette pièce rectangulaire de couleur taupe comportait des frises verticales composées de véritables briques rouges. Ceci donnait un aspect pittoresque au lieu. Face à elle, dans le coin gauche, se trouvait un grand cube de verre. Près de son ouverture, sur le côté droit, se trouvait des serviettes de bain. Elle en déduisit que c’était la douche. Sur le même mur, sur la droite, près de la grande baie vitrée de plein pied se trouvait une large vasque surmonté d’un immense miroir. Tout à sa droite, opposée au lavabo, elle vit une causeuse camel sur laquelle étaient posé une housse et une boite vert menthe.

Elle laissa tomber par terre sa blouse d’hôpital et se sépara de ses chaussons avant de rentrer dans le cube en verre. Presque aussitôt, de l’eau provenant du plafond se mit à tomber sur elle comme de la pluie. La température était idéale. Les capteurs extra sensoriels de la douche détectèrent sa tension et le léger stress qui continuait à lui trotter dans la tête. Des bruits de reflus de vagues clapotant sur une plage de galets se mit en route et l’air se ioda légèrement. Sa respiration se fit plus calme et elle chercha de quoi se laver.

Elle prit un flacon ouvragé de couleur crème où il était inscrit « shampoing ». C’est alors que, pour la première fois depuis son réveil, elle se rendit compte qu’elle avait de longs cheveux d’un châtain à la fois doux et foncés. Elle remarqua également quelques fines mèches turquoise.

Elle resta un moment sous l’eau pour essayer de faire totalement abstraction de ce qu’il s’était passé depuis son réveil.

Elle sorti de la douche et s’emmaillota dans une longue serviette saumon après en avoir enroulé une seconde sur laquelle il était inscrit « cheveux » autour de sa chevelure. Elle se rendit directement sur la causeuse et ouvrit la housse. Elle y trouva une jolie petite robe bustier couleur blanc cassé avec des motifs géométriques. Dans la boite, elle trouva des escarpins crème et de petites roses argentées en guise de boucle d’oreilles dans un écrin de velours noir à part. Elle s’habilla en maniant avec soin ce qui lui avait été offert.

Lorsqu’elle eu fini, elle détacha la serviette enturbannée pour s’occuper de ses cheveux. La serviette était à peine desserrée que des cheveux parfaitement secs, soyeux et disciplinés tombèrent en cascade sur ses épaules. Elle était fascinée par cette technologie qu’elle ne connaissait pas. Elle revérifia que tout était bien ajusté et se retourna pour poser les deux serviettes de bain. Elle se retrouva alors face à sa psyché.

Elle avait de grands yeux vert bleuté et un visage fin et délicat. Elle observait les vestiges d’une frange lui donnant un petit air espiègle. Elle était très jolie vêtue ainsi. Mieux qu’avec sa blouse d’hôpital en tout cas. Elle reposa les serviettes sur l’étendoir et se redirigea vers le miroir.

Près de la vasque, elle trouva un gloss clair, une palette de fard à paupières neutre, un blush couleur vieux rose, quelques pinceaux et un mascara. Elle prit son temps pour retrouver les gestes qu’elle avait perdu.

Le résultat la surprenait elle-même. Elle continua à scruter son reflet quand une voix immatérielle sortie de nulle part se fit entendre.

– Mademoiselle Kiõv, le docteur Laptar vient vous chercher dans trois minutes pour vous amener dans le Tempus.

 

Image de fin de chapitre

Fic 4 - 24284110

 

 

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