Le Divin Marquis : Chapitre 1

Le divin marquis
PROLOGUE
Seuls quelques reflets sur la végétation sont perceptibles dans le parc plongé dans la nuit. Voici une tache de lumière qui semble bouger. Une courte brillance accroche une blonde chevelure : Buffy est en chasse.
Elle se glisse en silence vers un bosquet, s’arrête un instant et scrute l’obscurité. Il n’y a pas un bruit.
A voix haute, elle dit :  » Je sais que tu es…  »
Avant que sa phrase ne finisse, une énorme masse sombre jaillit du bosquet et fonce sur Buffy. D’un mouvement souple et aérien, celle-ci esquive l’attaque, se relève et cours après son attaquant.
Brutalement, la masse stoppe sa fuite, tourne le tronc d’un bloc et balance son bras en coup de fouet. Buffy part en roulé-boulé pour éviter le choc. Retombant sur ses pieds, elle examine son adversaire : un vampire formaté gros balèze, bloc énorme de muscles, grognant sourdement.
Saisissant une branche à terre, Buffy repart à l’attaque et d’un mouvement vif, tente de faucher les jambes du vampire.
Avec une agilité féline insoupçonnable chez une telle masse, le vampire saute au-dessus de la branche qui lui fonce dessus. Il n’a pas le temps de retomber sur le sol que Buffy est sur lui, percute sa poitrine de ses jambes tendues et commence à le bourrer de coups de poings.
Tombant au sol sur le dos, le vampire se retrouve avec Buffy à califourchon sur le buste, qui le frappe violemment au visage à plusieurs reprises. Voyant le vampire groggy, Buffy empoigne prestement son pieu, le brandit à deux mains et l’enfonce sèchement dans le coeur du vampire.
Un nuage de poussière s’envole.
Buffy d’un bond se remet debout. Elle contemple un instant l’emplacement où le corps se trouvait, et se retourne.
Buffy sursaute, surprise de se retrouver nez à nez avec un jeune homme.
Celui-ci sourit malicieusement, et tendant le doigt vers elle comme pour lui faire la leçon, lui dit:  » Tu y as pris beaucoup de plaisir. » Inclinant le doigt, il le fait glisser à travers une mèche des cheveux de Buffy.
Celle-ci d’un mouvement rapide du bras tente d’écarte la main de l’inconnu. Elle ne peut que griffer le vide. L’inconnu s’est volatilisé sous ses yeux. Buffy reste seule, interloquée.

GENERIQUE.
Le lendemain matin, dans la cours de son collège, gros plan sur le visage de Buffy, qui regarde fixement devant elle.
Buffy :  » C’est lui. Le type d’hier soir.  »
Alex :  » Il était peut-être là par hasard.  »
Buffy :  » Il n’avait pas l’air effrayé, plutôt même amusé. Je ne l’ai pas entendu venir, et je ne l’ai pas vu partir.  »
Alex :  » Il se tient en pleine lumière et ça n’a pas l’air de le déranger. Laisse – moi le tester.  »
En quelques enjambées déterminées, Alex se rapproche du jeune homme, sort de son blouson une croix et dit d’une voix puissante :  » VADE RETRO SATANAS « .
Le jeune homme regarde calmement la croix brandie devant son nez et dit  » Satanas ? C’est trop d’honneur. Appelle-moi Donatien.  »
Il prend la croix, la jette en l’air d’un air désinvolte, la rattrape après une double pirouette, et la rend à Alex en disant  » Désolé. Je suis parfaitement athée.  »
Buffy :  » Donatien ? C’est un prénom italien ?  »
Donatien :  » Français.  »
Willow :  » Tu es nouveau ?  »
Donatien :  » Disons que je suis de passage.  »
Tandis que Donatien s’éloigne, Willow glisse à l’oreille de Buffy :  » Je suis d’accord avec Alex sur un point. Il a la beauté du diable… »
En cours de journée, lors d’une pause, Buffy et Willow découvrent Donatien et Cordélia en grande discussion. Cordélia est manifestement branchée sur le mode  » décidée à plaire « .
Donatien :  » La magie n’a pas de secret pour moi. Elle me donne le pouvoir de discerner ce qui passe inaperçu au commun des mortels. J’ai tout de suite remarqué dans l’élégance que tu affiches la marque du bon goût.  »
Cordélia se met à roucouler sous le compliment.
Donatien :  » Ces boucles d’oreilles, choisies avec discernement, sais-tu qu’elles sont elles-mêmes magiques ? Regarde…  »
Donatien met ses mains devant le visage de Cordélia qui se prête au jeu, presque à la toucher. Puis il les fait monter jusqu’au front et descendre sur les oreilles qu’il frôle. Enfin, il les place devant lui, les paumes vers le haut. Les boucles d’oreilles de Cordélia se trouvent au creux des paumes.
Cordelia pousse une exclamation de surprise.
Donatien referme les mains et les repasse rapidement près des oreilles de Cordélia : les boucles d’oreilles ont retrouvé leur place.
Avec un éclat malicieux dans les yeux, Donatien ajoute :  » Mais je sens ici une autre source de magie… « .
Une main de chaque côté ; il frôle les hanches de Cordelia, ferme les poings et les ramène devant lui.
Il ouvre une main, vide, et se met à tirer de son poing fermé un tissu blanc. Une petite culotte féminine apparaît.
Cordélia :  » Ce n’est pas la mienne !  »
Donatien :  » Nous allons voir…  »
Il saisit la jupe de Cordélia de chaque côté des cuisses, et commence à la soulever. Cordélia rabat sa jupe vivement et fait un bond en arrière en poussant un cri. Elle éclate de rire.
Buffy :  » Je n’ai jamais vu un démon prendre pour cible la lingerie féminine.  »
Willow :  » Ni un type draguer comme ça.  »
Buffy :  » Et s’il lui avait vraiment enlevé sa culotte ? Aucun prestidigitateur n’est capable de le faire.  »
Willow :  » Pour le savoir, il faut soit soulever la jupe de Cordélia, soit lui demander si elle n’a plus rien dessous.  »
Buffy et Willow échangent un regard :  » Bon, laissons tomber. « , conclut Buffy.
Hors de la vue de Buffy et Willow, Donatien glisse à l’oreille de Cordélia en plaçant sa culotte dans sa poche :  » Viens la récupérer ce soir… « .
Le lendemain, Giles devise avec Buffy et Willow dans les couloirs du lycée.
Giles :  » J’ai pris son dossier dans les services administratifs. Il vient faire un stage linguistique dans le cadre d’un échange d’élèves. Il loge dans une chambre de la cité des étudiants. Rien de particulier.  »
Buffy, terminant d’avaler un sandwich :  » Peut-être que je me trompe. Peut-être n’a-t-il rien vu. Tout s’est passé si vite.  »
Giles :  » Je vous laisse à vos chères études. A plus tard.  »
Buffy :  » Oui, une heure de littérature avec Mme Hotchkiss. Dite ‘ La mitrailleuse ‘ . »
Willow :  » Dite ‘Douze balles dans la peau’.  »
Buffy :  » Dite ‘Ta dernière heure est venue’.  »
Buffy pose la main sur la poignée de la porte de la classe, et entre dans la pièce. Elle aperçoit Cordélia debout qui sursaute en rabattant prestement sa courte jupe. Donatien est assis à côté d’elle.
Buffy, ironique :  » On ne voudrait surtout pas vous déranger.  »
Mme Hotchkiss arrive dans le dos de Willow, et tous préfèrent se taire.
Une fois les élèves installés, Mme Hotchkiss commence son cours :  » Je vous ai demandé d’étudier ce texte remarquable du théâtre Elisabéthain. Y a-t-il un volontaire pour en faire la lecture à la classe ? Une lecture inspirée, je le souligne.  »
Donatien, levant la main :  » Excusez-moi. Je suis étranger et je ne saisis pas toutes les nuances de la littérature anglaise. Toutefois, pendant le déjeuner, Cordélia m’a fait une lecture remarquable de ce texte. Vraiment.  »
Mme Hotchkiss :  » Vraiment ? « . Elle examine Cordélia, surprise. Qu’est-ce que cette fille est capable de faire pour attirer l’attention d’un garçon ?
Mme Hotchkiss :  » Cordélia, faites-nous profiter de vos talents de lectrice. Montez sur l’estrade pour déclamer ce texte.  »
Cordélia, figée de surprise, reste immobile à sa place. Les autres élèves commencent à ricaner.
Mme Hotchkiss :  » Nous vous attendons.  »
Cordélia ne bouge toujours pas. Elle est livide.
Mme Hotchkiss :  » Cordélia ! ! ! !  »
Avec un air traqué, Cordélia prend son livre de cours, et marche lentement jusqu’à l’estrade. Face à ses congénères, elle balaye l’assistance du regard, puis commence à lire le texte. Elle semble se détendre un instant mais très vite le ton de sa voix devient irrégulier. Elle se tortille sur place, puis par moments elle reste raide et glacée. A nouveau, elle se met à changer de position sans cesse.
Buffy, cherche à croiser le regard de Donatien. Celui-ci fixe Cordélia intensément, ses yeux brillent et il a l’air comme fasciné. Tout à coup, il tire de sa poche un mouchoir en dentelles et le porte discrètement à son nez.
Cordélia voit son geste et rougit comme une pivoine. Tout à coup, elle s’arrête.
Mme Hotchkiss :  » Je mets fin à votre supplice. Vous n’êtes pas du tout dans le texte. Vous faites une crise de timidité ? Cela ne vous ressemble pas, Cordélia. Regagnez votre place.  »
Comme elle passe devant Buffy, celle-ci aperçoit sur le sol trois petites taches humides apparues derrière Cordélia. Buffy se penche en avant en fronçant les sourcils.
En s’asseyant, Cordélia lance à Donatien d’un ton sifflant :  » Je te hais !  »
A la fin du cours, les élèves vident les lieux. Restent Buffy, Willow, Cordélia et Donatien.
Cordélia :  » Je voudrai t’arracher les yeux.  »
Buffy :  » Avant le début du cours, Donatien et toi, vous avez…  »
Cordélia secoue la tête pour confirmer. Sa voix est hachée par l’émotion :  » Il a voulu qu’on fasse ça pendant la pause déjeuner… la porte de la classe n’était pas fermée à clef… de la folie… tu serais entrée quelques instants plus tôt…  »
Buffy :  » Et il a de nouveau gardé ta petite culotte qu’il brandit comme un mouchoir.  »
Cordélia :  » C’était horrible… Toute la classe avait les yeux fixés sur moi… et.. et je sentais les gouttes de son sperme qui coulaient le long de mes cuisses ! ! !  »
Buffy se plaque les mains sur les oreilles en grimaçant, et se retourne vers Donatien.
Cordélia :  » J’étais sûre que toute la classe le voyait… le savait… J’aurai voulu rentrer sous terre… Je n’ai jamais été aussi humiliée de ma vie.  »
Buffy jette un coup d’oeil furtif aux trois petites taches humides sur le sol.
Buffy, s’adressant à Donatien :  » Qu’est-ce que c’est que ce comportement de malade ?  »
Donatien :  » Cordélia m’a dit aimer éprouver des sensations fortes. Je devrais l’avoir comblée…  »
Buffy se jette sur Donatien et lui envoie un uppercut au menton. Mais il bloque son poing dans sa main sans effort, et l’abaisse avec douceur. Buffy est surprise, plus par sa sérénité que par sa démonstration de force.
Donatien se lève et se dirige vers la porte.
Donatien :  » Nous reparlerons de tout ceci plus tard. J’ai faim, et vous, vous avez une interrogation d’anglais.  » Il se retourne et lance d’un air narquois :  » Et si vous appréciez ça, vous êtes de sales pervers !  »
Une fois Donatien parti, un silence pesant s’abat sur les trois jeunes filles.
Cordélia :  » Je ne comprends pas. Jusqu’à ce qu’il parle à Mme Hotchkiss, il avait été si gentil.  »
De nouveau, la nuit.
Buffy avance en souplesse dans l’obscurité, sous les feuillages du parc. Elle s’éloigne de la végétation, traverse une rue longeant le parc et examine une vieille maison en bois délabrée.
Ayant pénétré dans la demeure, elle contemple l’intérieur complètement dévasté de l’habitation. Elle monte les marches d’un escalier et parcourt les pièces du premier étage. Seul l’éclairage municipal de la rue apporte une faible lueur. Buffy traverse une pièce particulièrement pourrie et s’approche de la fenêtre.
Elle se retourne brusquement : personne derrière elle. En revanche, elle entend un bruit de cavalcade dans le couloir, qui se rapproche. Buffy se plaque contre le mur près de la porte pour surprendre la chose qui arrive.
Dans un boucan infernal, Buffy se retrouve sous un tas de débris : le vampire s’est jeté à travers le mur au lieu de traverser la porte ! La cloison a explosé sous le choc. Buffy se dégage rapidement, évite une masse sombre qui se relève et recule vers le mur.
Buffy :  » Encore toi ! T’as ressuscité ?  »
L’énorme masse s’élance avec fureur, mais Buffy le cueille d’un coup de talon au menton. Sous le choc, Buffy est repoussée à travers la pièce. Le vampire tente de se jeter sur elle, mais Buffy esquive rapidement et lui glisse entre les pattes.
Le vampire se retourne et a la surprise de se retrouver face à face avec Buffy, qui lui dit :  » Bon. Ca suffit « . D’un geste vif, elle tend le bras, et empoigne la gorge du vampire, lui enfonçant les ongles dans la chair, et lui écrasant la trachée. De l’autre main, elle brandit son pieu et d’une détente puissante, le propulse vers le coeur du vampire.
Mais le vampire, d’un coup de poing en crochet, détourne le pieu qui se contente de lui griffer la poitrine. Le vampire frappe Buffy au visage du plat de la main et la repousse durement.
Buffy tombe à terre. Le vampire prend alors son élan, et fonce sur Buffy qui se recroqueville. Il lui enfonce un pied sur le ventre et se catapulte contre le mur en bois. Celui-ci éclate sous le choc. Le vampire saute dans le vide, atterrit dans la rue et disparaît en un instant.
Buffy se redresse avec difficulté, le souffle coupé par le choc sur son ventre.
 » Game over ! « .
Buffy :  » Qui est là ?  »
Une ombre sort de l’obscurité.
Buffy :  » Donatien ? Toujours là où il ne faut pas…  »
Donatien :  » … et au moment où il ne faut pas.  »
Buffy :  » Ne me dit pas que tu es là par hasard. Tu me suis. Comment fais-tu pour me retrouver ?  »
Donatien :  » Tu portes une veste et en pantalon en cuir. J’adore l’odeur.  »
Buffy :  » Arrête de te ficher de moi.  »
Un silence lourd de conséquences emplit la pièce.
Buffy :  » Tu es humain ?  »
Donatien :  » Non.  »
Buffy propulse son pied avec agressivité vers le visage de Donatien. Elle ne frappe que le vide, celui-ci s’étant esquivé avec vivacité. Buffy renouvelle son attaque, encore et encore, toujours plus vite. Donatien évite ses coups imperturbablement, mais sans répliquer.
Buffy s’immobilise, essoufflée.
Donatien :  » Je t’abandonne. J’ai encore à faire ce soir.  » Il saute par l’ouverte du mur faite par le vampire, et disparaît dans la nuit.
Dans la bibliothèque, Buffy et ses amis.
Giles :  » C’est un esprit. Ni totalement maléfique, ni bénéfique.  »
Willow :  » Un esprit ? L’incarnation de quelque chose ou de quelqu’un ?  »
Giles :  » Probablement d’une personnalité hors du commun, en phase avec une composante essentielle de l’inconscient collectif.  »
Willow :  » Il semble… très différent de tout ce que nous avons pu rencontrer jusqu’ici.  »
Giles :  » Oui. Il paraît très atypique. Hors norme. Le fait qu’il s’insère avec tant de facilité dans la société montre qu’il est resté très proche de la communauté humaine. Je dirais même qu’il a besoin de son contact. Pourtant, il fait montre d’une grande puissance, en passant aussi aisément de l’obscurité à la lumière, d’une vie normale à… autre chose.  »
Buffy :  » La première fois que je l’ai vu, il m’a parlé de plaisir. Du plaisir que j’aurai pris à détruire ce vampire.  »
Giles :  » Cette remarque est très significative. Et son comportement à l’égard de Cordélia… ahem… est manifestement caractéristique de ses motivations.  »
Alex :  » C’est le moment de nous présenter votre hypothèse.  »
Giles :  » Donatien pourrait être l’incarnation de l’esprit de Sade.  »
Giles contemple l’air atterré de ses jeunes amis.
Willow :  » Ca colle avec son comportement libertin envers Cordélia.  »
Giles :  » L’oeuvre de Sade n’est pas de la littérature libertine : c’est une transgression systématique.  »
Willow :  » Comment une simple incarnation peut-elle être aussi puissante ?  »
Giles :  » Je fais l’hypothèse que l’esprit de Sade se nourrit du plaisir sadique des hommes. En fait, cet esprit n’est ni bon, ni mauvais. Il est consubstantiel à la nature de l’homme.  »
Buffy :  » Mais qu’est-ce que l’esprit de Sade est venu chercher ici ? »
 » Toi Buffy.  »
Tous se tournent en bloc vers Donatien, qui vient d’entrer dans la bibliothèque.
Donatien :  » Je suis toujours attiré par les petits plaisirs nouveaux, dans mon domaine de prédilection bien sûr. Et je n’ai pas besoin de beaucoup chercher pour les trouver.  » Il fixe Buffy.  » L’ardeur que tu déploie dans ton combat n’a pas pour seule motivation le désir de bien faire.  »
Buffy :  » J’ai toujours aimé me battre.  »
Donatien :  » Vraiment ? Tu aimes passer tes soirées, jeune fille, en pleine obscurité à traquer les forces du mal, parce que tu apprécies la castagne ? Ces deux derniers soirs, je n’avais pas besoin de voir ton visage pour percevoir tout le plaisir que tu y as pris.  »
Buffy :  » J’ai une mission à remplir.  »
Donatien :  » Une mission qui te permet d’infliger une souffrance physique et mentale à tes adversaires. Et d’en tirer un grand plaisir. Ne le nie pas : c’est uniquement ce plaisir que j’ai discerné, à une longue distance, et qui m’a permis de te trouver.  »
Buffy :  » Le plaisir de la victoire malgré le danger. Il n’y a rien de malsain là dedans.  »
Donatien :  » Rien de malsain, je suis bien d’accord. Mais je suis déçu que tu ne reconnaisses pas éprouver ce plaisir, le mieux partagé de tous : le sadisme.  »
Buffy :  » Je ne me reconnais pas dans ce que tu dis : le sadisme n’est pas un plaisir anodin.  »
Donatien :  » J’affirme qu’il n’y a que ce plaisir qui te permette de faire face à cette vie démente que tu mène, jeune fille. C’est ta vitamine, ton stimulant préféré, ton dopant le plus secret. Tu es accros, ma jolie, et comme toutes les camées, il te faut ta dose régulière sinon tu t’écroules.  »
Alex :  » Buffy ne fait pas partie de ces malades qui tuent et qui torturent.  »
Donatien ;  » Il ne faut pas confondre sadique et névropathe. L’excès en tout est condamnable.  »
Giles :  » Vos livres sont pleins de meurtres et de tortures.  »
Donatien :  » De la littérature.  »
Donatien balaye du regard le petit groupe :  » Et vous, vous vous croyez au delà de ce petit plaisir ? Vous êtes sûrs de ne pas jubiler, très secrètement, quand un de ces collégiens est retrouvé les os brisés. Chouette : on va casser du vampire ! Vite, astiquons le matériel !  »
Giles :  » Pourquoi vous nous racontez tout ça ? Il n’est pas dans les conventions que les esprits se découvrent.  »
Donatien :  » Mon cher Giles, vous semblez avoir lu mes livres et, comme tout bibliophile passionné, vous devez bien avoir dans votre bibliothèque personnelle un  » enfer « , où, je le parie, mon oeuvre figure en bonne place.  »
Giles, rougissant :  » Heu… ahem… simple curiosité professionnelle…  »
Donatien, haussant le ton :  » Et vous vous étonnez que moi, Donatien Alphonse François, comte de Sade, dit le divin marquis, je refuse de respecter les conventions ?  »
Le petit groupe, interloqué, regarde le jeune homme se mettre à hurler :  » Mais toute mon oeuvre est fondée sur le refus le plus radical des convenances.  »
Donatien se calme brusquement et se met à sourire :  » Dans l’un de mes récits, je raconte comment j’ai réalisé en un seul acte trois transgressions : j’ai sodomisé ma soeur avec une hostie consacrée au bout du sgueck !  »
Willow murmure à l’oreille de Giles: » Sgueck, c’est un mot français ? »
Alex :  » Je te ferai un dessin.  »
Willow visualise brusquement la scène et sursaute.
Donatien poursuit imperturbablement :  » En un seul acte : un inceste, une perversion et un blasphème. J’en suis très fier.  »
Buffy, pragmatique et cassante :  » Tu comptes me suivre encore longtemps ?  »
Donatien :  » Je ferai selon mon bon plaisir.  »
Buffy :  » Si jamais je me trouve en péril lors d’un affrontement contre les vampires, tu ne viendras donc pas à mon secours.  »
Donatien :  » Peut-être. Peut-être pas. Possible que je sois le premier à te mordre.  »
Alex :  » C’est écoeurant ! Ce type est un salaud !  »
Donatien, haussant les épaules puis fixant Buffy :  » Question de perspective. Moi, dans mes menus plaisirs, je n’ai jamais supprimé quiconque, fusse un vampire.  »

 

 

Suite

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